Présentations3 avril 2026· 9 min de lecture

8 erreurs sur les pitch decks qu'on voit chez 90% des startups belges

Par Flow Studio

On regarde 30 à 50 pitch decks par an sur les missions Flow Studio (créateurs en levée, PME en repositionnement, équipes en pitch interne). Les mêmes erreurs reviennent dans 90% des cas, sur tous les niveaux d'expérience confondus.

Cet article liste les 8 erreurs récurrentes et donne pour chacune la correction concrète. Lecture rapide et applicable directement sur votre prochain deck.

Erreur 1 : Trop de slides

La règle Y Combinator est claire : 10 à 12 slides maximum pour un pitch en levée de fonds. La réalité observée : la plupart des decks belges en font 25 à 40. Trop, c'est diluer le message et perdre l'attention.

Correction : prendre votre deck actuel, lister les slides, identifier celles qui apportent vraiment une information critique pour la décision, virer le reste. Toute slide qui ne fait pas avancer un argument structurant doit dégager. Les annexes existent pour le reste.

Erreur 2 : Trop de texte par slide

Une slide n'est pas un document à lire, c'est un support à regarder pendant qu'on parle. Si votre audience doit lire 200 mots de texte dense, elle décroche, soit elle vous écoute soit elle lit, jamais les deux.

Correction : limiter à un titre fort (une affirmation, pas un nom de chapitre) + 3 à 5 éléments visuels ou bullets très courts. Si vous avez besoin d'expliquer un sujet complexe, c'est l'oral qui le porte, pas la slide. Pour le document envoyé par email (le "send deck"), on prépare une version plus dense, distincte.

Erreur 3 : Pas de fil narratif

Un bon pitch raconte une histoire, pas une liste de chapitres. Le problème, la solution, la preuve, la projection : chaque slide doit servir le récit, pas juste exister.

Correction : écrire les titres de slides comme des phrases complètes qui résument l'argument. C'est ce qu'on appelle des slidelines : si on lit uniquement tous les titres de slides à la suite, l'histoire doit déjà tenir debout. Cette discipline force la cohérence narrative.

Erreur 4 : Tableau de marché copié-collé

Le slide "taille de marché" est presque toujours faux ou inutile. Personne ne croit aux chiffres de marché TAM/SAM/SOM qui sortent d'on ne sait où, et les investisseurs sérieux les vérifient en 30 secondes.

Correction : soit vous avez des chiffres vraiment précis avec sources crédibles citées, soit vous remplacez cette slide par une démonstration de marché. Par exemple, « 1200 entreprises belges signent ce type de contrat chaque année, on en a déjà parlé à 80, 12 ont signé en pilote » est cent fois plus convaincant qu'une pyramide TAM/SAM/SOM avec des chiffres ronds.

Erreur 5 : Pas de chiffres concrets

Un pitch sans chiffres précis est un pitch faible. Phrases comme "notre solution améliore l'efficacité" ou "nos clients nous adorent" ne disent rien. Les investisseurs veulent des nombres mesurables.

Correction : remplacer chaque affirmation vague par une donnée concrète. « 47 PME signées en 18 mois, 23 000 euros MRR, churn de 4% annuel » a un impact incomparable avec « on a beaucoup de clients qui sont satisfaits ». Si vous n'avez pas de chiffres précis (parce que vous démarrez), dites-le clairement plutôt que de masquer derrière du jargon.

Erreur 6 : Slide équipe en fin de deck

Pour 80% des deals early-stage, l'équipe est ce qui détermine la décision d'investissement. Pourtant, la slide équipe arrive souvent en avant-dernière position, juste avant la slide "demande de financement".

Correction : placer la slide équipe en deuxième ou troisième position dans le deck, juste après le problème. Vous racontez "voilà le problème qu'on adresse, voilà pourquoi nous, en particulier, sommes faits pour le résoudre". Cette inversion change radicalement l'impact d'ouverture.

Erreur 7 : Design daté ou amateur

Un pitch deck mal designé envoie un signal immédiat sur le niveau de soin de l'entreprise. Typographies datées (Arial, Times New Roman), couleurs criardes, images stock génériques, transitions PowerPoint des années 2000.

Correction : typographie sans-serif moderne (Inter, IBM Plex, GT America), palette de 2-3 couleurs cohérentes avec votre identité, schémas faits sur mesure plutôt que pictogrammes téléchargés, espaces vides assumés. Si vous n'avez pas de designer, partez d'un template pro (Slidebean, Ludus, Pitch) plutôt que du PowerPoint blanc.

Erreur 8 : Demande floue ou absente

Un pitch sans demande claire à la fin ne convertit pas. Trop de decks se terminent sur "Merci !" sans dire ce qu'on attend de l'audience. Investissement chiffré, partenariat précis, intro vers tel type de contact : il faut nommer la demande.

Correction : dernière slide explicite : "On lève 1,2 M€ en seed pour atteindre 5 M€ ARR sur 18 mois. Recherchons lead investor expérimenté SaaS B2B + partenaire opérationnel sur l'expansion DACH". Cette précision filtre les contacts pertinents et accélère les conversations sérieuses.

Un bon pitch deck n'est pas un document qui décrit tout, c'est un document qui déclenche une décision. La différence se voit en quelques secondes par les investisseurs expérimentés.

Si vous préparez un pitch deck pour une levée, un comité ou une présentation commerciale stratégique, on propose un audit deck en 90 minutes : vous nous envoyez votre version actuelle, on vous renvoie une analyse écrite slide par slide avec corrections concrètes. Souvent c'est ce qui fait basculer un deck moyen vers un deck signant.

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